Mon coming août du 1er avril

Cet article contient 2558 caractères.

Simone les préfère en confiture

François Sivade - photo Hugo Noulin

À 10h00 je sors de mes draps. Je me demande tout de suite comment utiliser intelligemment ce précieux jour férié.

À 10h15 j'ai trouvé : Faire croire à ma mère que je suis homosexuel.

Il est 10h30, je viens de me laver, et je suis tranquillement en train de manger une crème au riz avec du saumon quand ma mère descend.

- Alors Frannçois, comment elle va ta petite copine ?
- Oh elle ça va, mais tu sais en ce moment je suis plutôt attiré par quelqu'un d'autre.
- Ah bon ? Mais Frannçois pourtant elle est si gentille ta petite copine !
- Je suis attiré... par un jeune homme. En fait.
- QUOI ?

10h35, la problématique est posée. Continuons :

- Non mais voilà ça fait six mois que je pense à lui. Il est en fac de lettre et il fait de la guitare.
- Ah, mais c'est pour ça Frannçois ! C'est parce qu'il te fait penser à une fille !
- ...
- Tu sors tout le temps ! C'est à cause de tes mauvaises fréquentations tout ça. Et tu ne te coupes même plus les ongles.
- Mais tu sais, les plus grands hommes l'étaient aussi. Regarde Schubert, regarde Bertrand Delanoë...
- Ça te passera bien vite crois moi ! Tu sais j'étais comme ça moi aussi, quand j'étais petite. En Cinquième j'étais très attirée par une fille.

Oh.

- Ecoute Frannçois tu fais ce que tu veux mais toi qui as peur des maladies...
- Bon maman, je ne vais pas aller à l'encontre de mon désir.
- Mais... tu aimais bien, toucher les seins d'une fille, non ?

Il est 10h45 quand je décide qu'il est temps de mettre fin à mon coming out.

- OUF ! Je suis soulagée Frannçois ! Mais... tu es sûr que c'est un poisson d'avril ? Hein ?

Et voilà. La lutte contre les TVG est l'affaire de chacun. Le coming out du premier avril est une piqure de rappel annuelle du grand vaccin de la Sagesse, et une bonne habitude que tout le monde devrait prendre.

Ast.