Journal d'un voyage de potes

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la SBDP goutte par goutte


Guillaume Milletre, Hugo Noulin, François Sivade

Lundi 1er Août 2011

14h.

Nous sommes en train de manger du saucisson de gros. D'un côté, on le mérite, il faut bien le dire:
Nous avons dormi de façon schizoïde, en pente, près d'un ravin. Cet acte héroïque mérite bien quelques coups de sanglier. Dommage qu'on n'ai pas ramené le répertoire des chansons des potes, ainsi que la mantoline de Jepetto pour pouvoir les chanter, la fête aurait été plus folle. On s’apprête à monter le fameux col de Chavirèz, étape culminante du fabuleux voyage de la Super Bande de Potes. L'enjeu est de taille: devenir des SMSS et avoir les capacités psychologiques pour être orgasmiques en public. Sur ce, le lac du Salut attendra, Ast's.

16h.

Ah, nous sommes bel et bien en haut du col de Chavière. Il parait que les gens stylés ont la fleur aux dents, et bien je rajouterais que les gens stylistiquement stylés ont la peur au ventre. Malgré les conserves de maïs, le ventre de plus en plus petit de JPKPJ, alias Jepetto, et la potion aquatique vitaminée en vitamines, c'est bien dur de rester tranquille.
Si le Grand Poète, Mr Cioran, était là, il dirait que je suis intranquille. Heureusement que ce vieux randonneur sage anglais et chauve mais pas chauvin, a pris un peu de cette graisse anxieuse en m'indiquant la position des pas sur le sentier pour la descente aux enfers, mais aussi au refuge.
Les potes n'approuvent pas trop cette chorégraphie, dommage que Maurice Béjart ne soit pas là pour trancher. Tiens, à propos, il faudrait que je succède au grand Stravinsky en mettant en musique cette horrible descente et la peur qui va avec. Sublimation.

20h.

Aaahhh, des voyages comme ça, ça m'avait manqué ! Ce fut une journée riche en sagesse et en enseignement, en tout cas, assez riche pour alimenter les cloches de l'église Saint Martin du Sivaland. Premièrement, grâce aux lunettes de soleil que je je cherchais partout alors qu'elles étaient sur moi, j'ai compris qu'il ne fallait pas chercher le côté orgasmique en public ailleurs qu'en moi-même. Deuxièmement, j'ai compris qu'il faut toujours vérifier son stuff avec d'effectuer une action naturelle : Oublier son savon hors de la douche pendant sa douche, concerto-grosso-merdo, j'trouve ça pas tip-top-Gab, surtout quand ça mouille les toilettes municipales. Enfin, j'ai appris, sans être masochiste, à apprécier la douleur instantanée de la fraicheur de l'eau de douche, car, comme dit le roux, après le froid le chaud.
Enfin bref, petit bémol, Jepetto aurait du inventer un Pinoccio plus altruiste qui l'aurait aidé à prendre sa douche plus rapidement et qui aurait fait serveur dans le refuge dans lequel on se trouve. Ainsi, il l'aurait empéché de prendre du coca et en aurait donné un tout tout tout p'tit peu à moi-même.
Donc, pour finir, la coda. Je vais me projeter dans le futur lointain de demain (et oui, il faut bien manger et dormir entre temps).
J'assume avec entière responsabilité le fait de mourir demain. En effet, si jamais je suis vivant jeudi matin, la SBDP va me taquiner, ce qui serait inadmissible, et aurait pour conséquence immédiate d'assumer, avec entière responsabilité, le fait de me retirer de la vie politique du Sivaland. Le propriétaire possessif de la spatule serait obligé de régner derrière les landes, et ça, je ne pourrais l'admettre, ast's.

Mardi 2 Août 2011

François Sivade à Peclet-Polset

7h00

Aaahh, des nuits comme ça, ca m'avait manqué. Les tartines aussi, surtout celles au Nutella. Mais c'est la face de la médaille, le revers est que le reste de la SBDP ne peut avoir accès à toute cette nourriture, pour raison économique et politique.
Du coup, ça m'a fait un peu de peine, heureusement que les barres de Grany de la SBDP étaient là pour rattraper le coup. Sinon, revenons à cette nuit étoilée en étoile. A part les ronflements des gros rondonneurs, les soupirs de Jepetto, et les gloussements de JHN, j'ai fait des rêves bleus. J'ai rêvé que j'étais sur la place du marché du Sivaland, avec des gens un peu polissons qui prennent l'auteur de ce fabuleux récit de ce fabuleux voyage pour l'Italien, et pour quelqu'un qui est un poil ravagé. Et il y avait aussi DSK en uniforme de policier. Puis, soudain, des vrais policiers arivent. Prenant peur pour le politicien du Parti Socialiste, parti qui m'est cher, et pas que pour être un mec sociable, je décide de l'aider en l'invitant chez moi à manger des Crunch, et là... Pouf ! Plus rien, le néant. Je me suis réveillé dans le dortoir, en pleins milieu de la nuit, avec la tête lourde. Si ça se trouve, ça va me faire la même tout à l'heure en souffrant au col du Souffre. Je vais me réveiller, un dimanche matin, sur le canapé de Jepetto. En tout cas, la nuit est finie, revenons à des faits concrets, à savoir notre chemin aujourd'hui. Quand on regarde sur la carte, cela me fait un peu frissonner, surtout quand je vois que le refuge d'arrivée se trouve sur un pli du papier. Mais bon, comme dit le roux, la carte n'est pas le territoire.

21h.

Je suis en train de manger des pasta-spatules, fin, je viens de finir. En attendant, moi et la SBDP sommes en train d'attendre la Voie Lactée, même si je n'aime que le lait avec du chocolat chaud et des Crunch. Sinon, comme vous pouvez le constater, je ne suis pas mort.
J'ai pris cette décision tout à l'heure quand j'ai pris conscience qu'avoir affaire à 44 vierges au paradis, c'était trop tôt pour mon âme innocente tout droit sortie du Sivaland. Donc, j'ai décidé d'affronter l'épreuve finale de demain: les 200 mètres de crêtes de kik's, sous les pleurs et grondements des dieux du Sivaland. Après cela, les 57 secondes de méditation au col des chants oranges mélangés à ceux des chants violets seront amplement mérités, et notre retour à Palaiseau avec les trompettes et les fanfares de François Mitterand aussi.
Ah, sinon, je dois avouer que j'ai bien ragé quand j'ai appris qu'on ne pourrait manger du roblochon fondu et de la soupe aux choux avec le vaisseau spatial et la musique de raymond Lefèvre qui m'est chère. Mais enfin, la rage fait parti du quotidien de l'homme, tout comme la rage de Jepetto assis, qui doit se lever pour butter la butte, ou encore la rage de JHN quand je jette la moitié des pates dans la poubelle de l'homme barbu, accompagné de l'homme au masque de fer. Enfin bref, Jepetto est un ouf, il vient de se couper un doigt, heureusement que ma mère a prévu le coup en achetant des pansements pour enfant.
Bon, je vais devoir vous quitter car JHN veut absolument que j'aille voir ce qu'il y a dans les toilettes sèches du refuge. Il faut que j'aile voir ce qu'il s'y cache, tel un homme innocent qui va bientôt prendre conscience de l'animosité du troupeau de chamois qui vit en lui, ast's.

Mercredi 3 Août 2011

21h30

Notre périple touche à sa fin, mais n'est pas encore fini. Il nous reste notre retour fanfaronnant.
Mais avant cela, nous avons vécu une journée riche en émotions et en psychose. Déja, la nuit d'avant fut imprégnée de paranoïa, tout cela à cause de Bernard le Renard qui voulait manger notre lard qui se trouvait dans notre sac. Ceci a un poil perturbé notre sommeil si important pour pouvoir affronter l'épreuve finale si importante pour notre cœur grenadine. L'importance était de taille, je voulais voir ma Valentine (si j'étais une fille j'aurai dit mon Valentin) le février prochain sous le pur son de DJ' NONO.
Et alors ? que s'est-il passé me disait le copain de François Lamy, étant tombé dans mon propre piège de l'auto-stopping (il faut dire que ma casquette, mes lunettes et mon short n'y étaient pas pour rien) ?
Et bien, ce passage en pointillé, cette crête, nous l'avons contournés ! Les grondements du dragon dans ma tête alliés à ceux du Dieu des grondements du Sivaland ont semé le doute dans la SBDP. J'en ai profité pour mettre en place un coup d'état, putsch qui avait pour but de prendre un chemin alternatif, disons plus KLEEN. D'ailleurs, grâce à ma cruelle dictature, nous avons pu observer l'altiport, à la base de ma technique.
Voila, si je résume la situation, au lieu de se battre contre le minotaure, nous avons décidé d'éviter le labyrinthe rocailleux. Enfin bref, nous avons savouré la conclusion finale de ces quatre jours autour d'une fondue bien fondante, et d'un canard farci au foi gras et ensaucée d'une sauce miellée. Et là, nous sommes là, avec la peau aussi rouge que notre verre de vin est blanc, à écouter du Francis Cabrel, à apprendre qu'il y a un autre Noulin inscrit à l'auto-école, et que l'identité du vrai JPK s'effrite pour laisser place à celle de Jepetto, à mesure qu'il a mal à chaque gorgée de fondue et à chaque refus du petit peu de vodka. Sur ce, je vais écouter les ukulélés qui chantent des rues de Moûtiers, ville de pré-arrivée de notre fabuleux voyage. Nous sommes fin prêts à prendre notre train et reprendre notre vie de mondain, à crier le scandale face aux idéalistes le dimanche matin au café des phares et à composer des nouvelles mélodies.

Jeudi 4 Août 2011

7h00

Nous revoila dans le train, tels de random guys allant besogner, inondés au milieu des regards vides et de la moue des VG du train de banlieue. La différence est que grâce à ce voyage, nous sommes maintenant touchés par la grâce des Dieux du Sivaland. Le retour était plus mitigé que prévu, nous avons eu à faire à une bande de militaropotes dans le train de nuit. Un des leurs a commencé à me raconter sa true-story de vie. Il m'a conté ses exploits virils en dehors du cadre de la défense nationale. De l'ouverture de l'arcane à celle de la tête de ses adversaires, tout en passant par la tête qui passe par la vitre, il y en avait pour tous les goûts. Ne sachant pas comment réagir, j'avais décidé de lui chanter « "l'aveugle", chanté par François Sivade ». Il était tellement comblé qu'il m'a confessé qu'il ne savait de qui était cette chanson.
Enfin bref, nous sommes arrivés à Paris à 6h20 précises. Cela me fait tout drôle de ne plus voir de marmottes, heureusement que le RER C est en travaux, comme ça on a pu prendre le bus castor.

Coda.

La fin de ce récit touchera à sa fin quand nous dégusterons les croissants du commerçant cool mais au commerce un peu kik's chez le faux JPK (encore faut-il que sa sonnette marche...).
Mes chères lectrices, j'admire votre capacité à avoir lu et apprécié ce journal, véritable Traité de vie harmonieuse, jusqu'au bout. Je vous souhaite bonne route, et que les dieux du Sivaland vous bénissent un tant soit peu. Ast.