ACTES MANQUÉS - mon agression ratée dans le RER B

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on est jamais content

Aujourd'hui, je vais vous conter une histoire-vraie qui m'est arrivée il y a quelques années avec mon cher camarade Hugo. Cette histoire fut hyper-pédagogique pour moi, et j'espère qu'elle le sera pour vous, pauvre petit lecteur.

François Sivade à la gare de Palaiseau

Nous avions pris le train à Palaiseau pour aller je ne sais où. Le voyage avait bien commencé :
nous avions rencontré un vieil ami du lycée. C'était un type un peu fou qui se destinait à enseigner la philosophie et qui est donc parti à la recherche de plantes magiques dans toute la France. Nous fumes très heureux de le retrouver, et cela nous avait plongé dans un état de bien-être. Mais le voyage était loin d'être terminé...

Notre grand druide dut descendre à Denfert-Rochereau, et il nous restait quelques gares avant d'atteindre notre sacro-saint Graal : la Gare du Nord.

Arrivée au Châtelet. Dernière gare avant le but.

Une bande de reunz sont montés avec nous dans le train (je tiens à préciser que nous étions dans les cabines aux extrémités des wagons, et donc debout). Parmi cette bande, il y en avait un qui se démarquait du lot. Il était habillé comme un rappeur US, mais avec une veste de costard par-dessus tout ça. Ce personnage, appelons-le JFK pour l'intérêt supérieur de cette histoire, parlait beaucoup. Je le trouvais sassez bruyant et agressif dans ses paroles. Il se plaignait du fait que ça puait, ici.

Pendant ce temps, j'étais dans une discussion métaphysique avec Hugo. J'avais un peu peur que JFK m'adresse la parole, et pour combler cette peur, je faisais mine de me concentrer le plus possible sur notre discussion.

Mais le moment fatidique devait arriver. JFK s'énervait de plus en plus :

- Ça pue ! Y'a quelqu'un qui pue ici !

Après un silence, JFK se retourna vers moi.

- C'est toi qui pues comme ça ?

Alors là, je n'étais pas sûr de savoir quoi dire. Je lui répondis instinctivement ceci :

- Oui, c'est du Hugo Boss, en fait.

La discussion était enfin lancée.

- Oulah, t'as pas besoin d'un peu de drogue toi ?
- Ah désolé, je suis sain de corps mais pas d'esprit !
- Hein ?
- Je suis sain de corps mais pas d'esprit.
- OK c'est ça ouais... T'en fais pas va. Nous deux on se retrouvera...
- Oh bah si tu veux oui, on se retrouvera !

Là, je sentis que cette dernière phrase avait fait mouche. Toute la bande à JFK lançait un « Ooooooh... » en formant le cercle de règlement de compte.

Événement inattendu, nous arrivons à notre destination : Gare du Nord. Que ce soit JFK et sa bande, ou Hugo et moi, nous descendions tous au même endroit. Je vis soudain JFK s'approcher de moi à grande vitesse, probablement un geste amical d'aurevoir. Je me jette alors sur lui en retour pour lui faire la bise, mais voilà qu'un coup violent me repousse sur les autres voyageurs :

- Aah tu fais quoi là ? Putain !

En fait, il voulait probablement me faire un « coup de pression » avec son pectoral droit.

J'ai appris, bien plus tard, avec le recul et l'intelligence, qu'on aurait probablement dû se faire agresser. Mais fort heureusement, nous avons évité ce petit pépin ! Alors un conseil les potes, si un jour vous vous retrouvez face à une situation de cette sorte ci, que ce soit devant M. le Président ou devant Vladimir Poutine, pensez juste à rester vous-même. Et Ast.