Bonheur

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la vie selon François

Je parlerai, dans cet article, du bonheur. Mais pourquoi parler d'un sujet aussi abstrait ? N'ai-je pas mieux à faire ? Pourquoi ne pas aller plutôt prendre un café-crème avec des potes, composer de la musique, ou encore aller séduire cette JF ? C'est vrai, ce serait peut-être plus judicieux, mais pourquoi vouloir faire toutes ces activités ? Pour être heureux bien sûr ! Et pourquoi être heureux ?

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Le bonheur est la fin des fin, le bien suprême, le désirable absolu. Je vais donc exposer dans cet article, qui n'est rien d'autre que le résumé d'un livre d'André Comte-Sponville, un semblant de réponse à la Grande Question : Comment être heureux ?

Le syndrome du compositeur maudit

François Sivade ALIAS Jean-Sol Partre

Il faut d'abord définir ce qu'est le bonheur. On pourrait dire qu'être heureux, c'est avoir ce qu'on désire, une bonne partie en tout cas. Mais qu'est-ce que le désir alors ? Jean-Sol Partre, tout comme Platon, disait que le désir est manque. Concerto-Grosso-Merdo, cela signifie que nous ne pouvons que désirer ce que nous n'avons pas, ce que nous ne sommes pas, et ce qui est irréel.

Il suffit d'observer nos vies d'un peu plus près pour se rendre compte de la chose. Prenons par exemple notre vie sentimentale ; qui n'a jamais désiré un homme ou une femme sans que cela soit réciproque ? Qui n'a jamais désiré vouloir devenir un grand compositeur de musique, sans savoir chanter des notes à l'intérieur de sa tête ?

Mais de ce fait, si être heureux c'est avoir ce qu'on désire, et si le désir est manque, cela veut dire que nous ne pouvons jamais avoir ce que nous désirons, et que nous sommes donc voués à l'angoisse, l'insatisfaction et au malheur. Horreur ! Nous sommes voués au chagrin d'amour et à la rage du compositeur maudit !

Mais il arrive parfois, par chance ou par ruse, que nous arrivions à obtenir l'objet de nos désirs, que nous parvenions à séduire cette JF ou encore à composer une œuvre musicale qui soit plutôt bien accueillie par les ténors du CNSM. Mais si le désir est manque, et que nous avons ce que nous désirons, alors il n'y a plus de désirs, et l'envie laisse place à l'ennui. Je désirais tant sortir avec elle, et la voilà à moi ! Oui, mais quelques jours après, ce couple m'ennuie à mourir, et voilà que je me mets à désirer d'exotiques JF...

D'où la terrible formule de Schopenhauer : « La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui. »

Hymne à la joie

Vu sous cet angle, la vie est vécue comme un enfer, et autant se suicider. Mais pourtant nous ne sommes pas si malheureux que ça ! Comment expliquer cela malgré la triste définition de Jean-Sol Partre ? Et bien c'est que ce cher ami a oublié de parler d'une chose essentielle : la joie ! Or, quand sommes-nous joyeux ? Quand nous désirons ce qu'on a, ce qui est, ce qu'on fait.

Par exemple, lorsque vous buvez un café-crème avec votre pote JPK, ou encore lorsque vous faites l'amour, ou mieux encore, que vous écoutez de belles mélodies, et bien ce que vous désirez ne manque pas, et vous êtes joyeux ! Mais pourtant Jean-Sol Partre nous avait dit que le désir était manque... Il s'est trompé ! Le malheureux, il a confondu le désir avec l'espérance.

Quelle différence entre les deux ? L'espérance est une forme de désir particulière. C'est un désir qui manque de son objet, dont on ignore s'il sera satisfait, ou auquel la satisfaction ne dépend pas de nous.

Contrairement à ce que pense l'opinion publique, le contraire d'espérer, ce n'est pas avoir peur, c'est connaitre, agir et aimer. On n'espère que ce qui ne dépend pas de nous, on ne veut que ce qui en dépend. On n'espère que ce qu'on ne sait pas, on ne connait que ce qu'on sait. On n'espère que ce qui n'est pas, on n'aime que ce qui est.

Pour être heureux, il s'agit donc de convertir nos désirs. Là où habituellement nous ne désirons que ce qui nous manque ou ce qu'on n'a pas, il s'agit d'apprendre à désirer ce qui dépend de nous ou ce qui est, plutôt que l'inverse.

Le chemin...

Il ne sert par contre à rien de s'interdire d'espérer. Si nous sommes gravement malade, nous ne pourrons nous empêcher d'espérer guérir. De même qu'il sera dur, si nous sommes amoureux de cette fille ravissante, de ne pas espérer sortir avec elle. Mieux vaut accepter cette espérance, cette souffrance. C'est en acceptant notre part de folie qu'on devient sage. Regardez Pierrot, c'est en acceptant sa folie qu'il est devenu l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma !

Plutôt que de vouloir supprimer toute espérance, il s'agit plutôt d'espérer un peut moins, de vouloir et d'aimer un peu plus, et c'est le chemin du bonheur.

Sur ce, bonne route, et Ast un p'tit peu.

Randonnée des potes