Être

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Je pense donc je ne suis pas, je ne pense pas donc je suis.

Voilà encore un article basé sur la base infinitive d'un verbe d'une importance cruciale. Mais bon, la conjugaison, c'est bien beau, mais ce n'est pas ce qui vous passionne le plus. Alors vous éteignez votre ordinateur et allez vous détendre dans une soirée entre potes. Là, un bobz viens vous voir avec sa bière/moustache pour vous demander comment ça va. Bien entendu, vous répondez que oui, que vous allez d'ailleurs même très bien, en effectuant un sourire forcé et fabriqué à la NKM. Mais au fond, est-ce que ça va vraiment ? Vous n'êtes pas vraiment triste, ni vraiment anxieux, ni vraiment en colère, mais vous sentez qu'il y a quelque chose qui cloche, mais vous savez pas vraiment quoi. Alors vous vous servez une bonne bière pour oublier tout ça et aller discuter du dernier disque de Stromae ou bien de Perette (encore elle !) avec de vagues connaissances. Et si, au lieu de prendre cette maudite bière, vous vous posiez un instant pour voir ce qu'il se passe et analyser cette chose qui cloche ?

Pourquoi nous ne sommes pas vraiment heureux ?

Aux premiers abords, nous pourions nous dire que ce qui ne va pas, c'est que nous ne sommes pas aussi célèbres que Stromae ou que nous sommes pas dans une relation amoureuse avec Perette. Mais au fond, est-ce vraiment ça le problème ? C'est vrai, la musique de Stromae est assez triste, et puis pérette se plaint tout le temps de son métier de bijoutière qui est, selon elle, l'expose aux regards des Roms. Et si le problème était plus profond que ça ? Peut-être que ce qui grince en réalité a plus à voir avec le titre de cet article qu'on ne le pense. Peut-être que ce qui nous rend malheureux, ce n'est pas le fait que nous ne soyons pas cool, célèbre et attirant aux yeux de Perette mais que c'est plutôt le fait d'être coupés de nos véritables besoins, notre véritable nature, notre Être.

L'aiguilleur de trains

À y réfléchir, nous passons la plupart de notre temps à prévoir ce qu'il va se passer dans le futur, et planifier nos actions pour pouvoir augmenter notre taux de rentabilité dans le domaine de l'amour, des émotions, du plaisir et j'en passe. Nous sommes un peu comme un aiguilleur de trains qui tente de prévoir les trains de notre image sociale, de notre manière de parler, des tactiques pour avoir enfin une concubine, et des contacts susceptibles de me faire rentrer dans le milieu du spectacle. Mais au fond, en étant plongé devant notre tableau de contrôle optique, on passe à côté de la vie. À côté de ce sourire, de ce croissant aux pistaches, de cette odeur, de cette sensation, de cette brise, de cette vie...

Éveil

Il arrive pourtant des moments dans notre vie ou on se sent pleinement vivant. Quand on marche dans la nature par exemple, pendant une randonnée de haute montagne, ou encore pendant un concert de Franz Schubert au Pop In, ou encore devant les yeux de la Pistachière de Palaiseau. Dans ces moments là, c'est comme si on lachait son épée et son bouclier, pour s'ouvrir pleinement à la vie. C'est comme si on s'éveillait de notre rêve d'aiguilleur pour se sentir vivant. Un peu comme une aveugle qui retrouvait la vue par miracle et qui pourrait enfin voir le monde entier, ses chemins et ses sentiers...

Vous allez me dire que ces moments sont rares dans la vie d'un homme, et qu'il vaut mieux ne pas lire cet article, car c'est du temps perdu à analyser les trains (activité qui est tout de même nécessaire pour éviter les krachs boursiers de la vie). Mais ce qui est fou dans tout ça, c'est que ce rapport avec l'existence et avec notre être, on peut le cultiver. La méditation, par exemple, est un très bon exercice pour ça. Elle permet de nous reconnecter à ce qui se passe alors qu'habituellement nous sommes perdus dans nos pensées. L'amour aussi, le fait d'aimer une personne ou un être pour ce qu'elle il est et non pour ce qu'on voudrait qu'il soit.

Alors arrêtez de lire cet article, arrêtez même de traîner sur ce site web, sur Facebook, sur Twitter, et allons nous retrouver autour d'un café-crème pour parler de l'essentiel, par delà les masques de l'égo.

Et pour s'aimer.

Et, ast.