Logo du collectif Action Création Image de décoration représentant la régie analogique

Il n'y a pas de grands ni de petits jours

- l'économie numérique sur écran cathodique

JPK, François Sivade, Aléric Flair et Léole Poubelle dans Il n'y a pas de Grands ni de petits jours

Action Création possède une régie analogique, vous le savez peut-être déjà. Il y a bientôt trois ans, on a eu envie de filmer et de retransmettre en direct sur internet le festival de musique Aoutside avec un équipement professionnel et analogique.
Après avoir creusé nos méninges et passé au tamis nos répertoires téléphoniques, on a finalement découvert la régie mobile de Nice Télévision, qui couvrait la festival de Cannes jusqu'à l'arrivée du numérique.
Le voyage pour Nice et le transport des 200kg de régie en voiture ont été épiques, on vous les racontera sûrement dans un prochain article.
On a encore acheté d'autres pièces, bricolé le jour et la nuit et finalement émis sur les ondes hertziennes et sur Youtube le 29 août 2014.
Vous pouvez retrouver nos vidéos du festival de 2014 et de 2015 sur notre chaîne Youtube dédiée à l'analogique.

Après l'été de cet achat inaugural, on a commencé une résidence artistique au Ferry, un nouveau lieu culturel de Palaiseau. On a aménagé un studio de prise de vue dans une ancienne salle de classe et la régie analogique y a trouvé sa place.
Assez rapidement, on a eu envie de raconter quelque chose avec elle. La possibilité de couvrir plusieurs axes simultanément et de faire du direct nous a intéressée pour la fiction. Nous y avons vu le moyen de réalisation technique du « laboratoire d'acteur » dont nous rêvions. Le montage en direct nous a semblé la solution pour échapper à une longue post-production, dans cette même idée de concentration des forces et du temps sur la direction d'acteur.
De plus, nous souhaitions créer un open-space en studio dont la vue sur l'extérieur serait une image fixe choisie par nos soins. Même la fenêtre sur le monde de notre poussiéreuse entreprise contemporaine se devait d'être un peu étrange, artificielle, chargée d'ironie.
Or, la régie analogique permet d'incruster en direct, nous évitant ainsi la post-production. Elle nous a aussi permis d'ajouter à l'incrustation une référence aux années 90, ce qui crée nécessairement une distance entre le spectateur et l'image alors perçue comme datée.

Oui, l'esthétique de la vidéo analogique rappelle fatalement les années 90 à la télévision.
Nous avons été frappés par le caractère intrinsèquement parodique de cette image. Presque impossible d'utiliser la régie analogique sans porter avec soi les sitcom de l'époque. À peu près à l'époque de l'arrivée de la régie, nous avons commencé à nous intéresser à un auteur parodique du web. Il détourne des images de la culture d'entreprise pour en faire des images paradoxales souvent gênantes et ostensiblement sexuelles. Ces photo-montages criards et obscènes nous ont marqué par leur capacité à représenter les aspects absurdes et violents de l'univers corporate. De plus, un des membres du collectif travaillait depuis quelques mois pour une boite vieillotte, empoussiérée de vieux mythes d'entreprise. Ces différents paramètres ont fait naître en nous le projet « Il n'y a pas de grands ni de petits jours ».

Le film a été projeté au festival des Arts en Scène de l’École nationale supérieure des Techniques Avancées (ENSTA).

Scénariste : Hugo Noulin
Réalisateur / monteur : Johanna Germain
Assistant-réalisateur : Lucie Baudin
Chef opérateur : Yanna Javaudin
Cadreurs : Yanna Javaudin, Vivien Fradin
Chef électricien : Vivien Fradin
Ingénieur vision : Julien Millètre
Décorateur : Marie Toscan du Plantier
Régisseurs : Léole Poubelle, Elise Hoche

JPK : JPK
Le facilitateur : Jean Larregaray
Le manageur : Hugo Noulin
La DRH : Léole Poubelle
Le commercial senior : Aléric Flair
François : François Sivade

JPK, François Sivade, Léole Poubelle, Jean Larregaray et Aléric Flair

collaborateurs