Une nuit au club des poètes

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mille phantasmes impondérables auxquels il faut donner de la réalité

Rue de Bourgogne, dans les faubourgs de l'Assemblée Nationale, la nuit est immobile. Seul un point de lumière attire le passant : ce soir on déclame au Club des Poètes.

La nuit Apollinaire organisée par Blaise Rosnay est l'occasion pour nous de réaliser un fantasme, filmer au club. Produite par l'association Cinésept, la captation se décline en une série de vidéos, Club des poètes, où chaque poème est présenté à part.

La jolie rousse, Guillaume Apollinaire

Blaise Rosnay dit La jolie rousse, de Guillaume Apollinaire.

Travail sur la lumière

François Sivade

Le club des poètes est un lieu à la configuration relativement complexe, qui ne peut s'envisager comme un plateau de cinéma... Notre ambition est de restituer l'ambiance qui règne au club les soirs de poésie. En temps normal, Blaise Rosnay fait le noir complet, puis allume deux petits projecteurs de spectacle datant probablement des années 60, dont la lumière met en valeur celui qui déclame. Afin de restituer cette ambiance lumineuse d'une manière adéquate pour la caméra, nous avons choisi un éclairage à quatre points. Un key (fresnel 650W) agissant avec le même angle que les projecteurs du club permet de simuler leur présence. Le fill (néon + reflecteur) permet en revanche d'en éviter l'allure dichotomique, et a aussi la tâche de relever le niveau du fond du club, ainsi que des éventuels intrus qui se trouveraient dans les environs du bar mais en dehors du halo du key. Le back constitué par un fresnel 500W découpe le flanc gauche des participants, et met en valeur certains de leurs mouvements. Enfin, un second back (projecteur expérimental secret de Vincent) découpe certains objets du bar ainsi que la tête des participants lorsqu'ils sont inaccessibles par le premier.

Travail sur le son

Prendre le son lors d'une soirée du club est problématique à plus d'un titre. La présence du public, qui se déplace sans cesse et s'assied jusque par terre, est évidemment un des problèmes principaux. Le micro voix (cardioïde) est placé en hauteur et en surplomb grâce à un bras magique, fixé sur le pied du fresnel 650W key. Le pied du fresnel est mis en pivot à partir de sa base, ainsi lorsque son angle d'attaque est modifié pour suivre le déplacement d'un poète, le micro suit avec et garde la direction. L'électro, pour un geste, se fait ingé son ! Un autre cardioïde a pour charge de capter certains sons d'ambiance de la salle. Une installation acrobatique fait revenir les XLR au dessus du public en s'agrippant à divers éléments du décor, puis à la caméra son.


Blaise Rosnay, Irina Breitenstein disent La jolie rousse, de Guillaume Apollinaire.
Cette prise est ratée, la caméra A ayant défailli, néanmoins nous avons souhaité la publier tout de même
afin de rendre hommage à la magnifique performance des interprêtes.